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Les traumatismes crâniens au soccerQu'il s'agisse de rencontres de ligues de soccer ou de congrès de scientifiques, le débat se poursuit de plus bel partout aux États-Unis. La question : Est-ce que les jeunes joueurs de soccer devraient utiliser leur tête pour frapper le ballon ? Il y a lieu de se préoccuper des blessures à la tête et au cou, puisque les ballons de soccer peuvent être aussi grands que la tête d'un enfant (et presque aussi lourds par temps pluvieux). Les membres de la American Youth Soccer Association (association américaine de soccer juvénile - AYSO), un organisme regroupant quelque 700 000 joueurs membres de 50 000 équipes aux États-Unis, ont récemment proposé une règle interdisant aux joueurs de soccer de moins de dix ans de frapper le ballon avec la tête durant les pratiques et les matchs. Lors d'un vote tenu en mai 2001, les membres du comité de direction de l'AYSO ont rejeté cette proposition de justesse. Quoique la proposition ait obtenu l'appui massif des sous-comités d'entraîneurs et d'arbitres, elle fut défaite par seulement 10 votes sur 500. Les gens en faveur de cette proposition comptent faire pression de nouveau pour la faire adopter. Dans certaines villes américaines, où les services des loisirs et des parcs sont responsables des ligues de soccer, il est défendu d'utiliser la tête pour frapper le ballon lors de matchs et de pratiques. En octobre 2001, l'Institute of Medicine of the American National Academy of Sciences (institut de médecine de l'académie nationale des sciences) convoqua un congrès dans le cadre duquel des experts en traumatismes crâniens se sont penchés sur les risques éventuels lorsqu'on frappe le ballon avec la tête. Ils ne purent en arriver à une conclusion. Certaines études ont toutefois révélé qu'un pourcentage alarmant de joueurs de soccer ont des troubles neurophysiologiques d'attention, de concentration, de mémoire et de jugement. Ces troubles sont non seulement occasionnés par l'impact que les joueurs subissent lorsqu'ils frappent le ballon avec la tête, ils surviennent également lorsque les joueurs se heurtent ou frappent de plein fouet un des poteaux de but. En 1999, le médecin des équipes de football et de soccer de l'Université McGill s'est rendu compte qu'il traitait plus de traumatismes crâniens chez les joueurs de soccer que chez les joueurs de football. Le Dr Scott Delaney a noté que certains joueurs de soccer ont dû cesser de jouer pour une saison au complet. Plusieurs ont manqué des semaines d'école, étant incapables de faire leurs études dans des domaines plus évolués. Le Dr Delaney répartit les joueurs en trois groupes à risque : ceux ayant déjà eu une commotion cérébrale, les gardiens de but et les enfants. Il se souciait notamment du groupe de joueurs les plus jeunes qui étaient passionnés, mais peu expérimentés. Bien que frapper le ballon avec la tête fasse partie intégrante du soccer, la majorité des jeunes joueurs ne savent pas frapper prudemment le ballon avec la tête. Ces enfants ont un crâne moins épais que celui des adultes, et un cou moins fort qui ne peut ni absorber ni répartir les forces exercées sur la tête. Le Dr Delaney recommanda que ces joueurs se protègent la tête - non pas en portant un casque dur comme un casque de vélo, mais plutôt un casque semblable à l'ancien casque de cuir des joueurs de football. La American Society for Testing and Material (association américaine d'essais et de matériaux) dispose actuellement d'un comité qui s'est fixé pour objectif d'établir des normes en matière de casques protecteurs pour joueurs de soccer. Aucun casque du genre ne se vend au Canada. Le soccer en salle est un sport d'hiver fort populaire dans certaines villes canadiennes. Ce jeu se joue dans un endroit semblable à une surface glacée pour hockey. Les enfants risquent de se faire plaquer dans les bandes ou de trébucher sur le tapis qui recouvre le plancher en ciment. Comme ces joueurs utilisent un ballon de soccer plus petit et plus lourd, on se fait du souci à propos de ceux qui frappent le ballon avec la tête. La Fédération internationale de football (FIFA), l'organisme mondial régissant le soccer, reconnaît le futsal (une contraction des mots football et salle), comme une version plus sécuritaire du soccer qui se joue dans une salle sans bande et qui a des règles plus strictes. La majorité des associations de soccer au Canada n'offrent pas le futsal. Quoique certains neurologues ont fait connaître leurs inquiétudes, l'Association canadienne de soccer (ACS) n'accepte pas les études américaines. Les dirigeants de l'ACS maintiennent que la majorité des traumatismes crâniens dus au soccer sont attribuables aux collisions et qu'ils n'envisagent pas d'interdire aux jeunes joueurs de frapper le ballon avec la tête. L'ACS recommande de ne pas enseigner cette technique aux enfants en bas de 9 ou 10 ans. À ce stade, il faudrait utiliser un ballon plus petit que la norme approuvée (n 5) par la FIFA pour enseigner la bonne technique. Un dirigeant recommande d'utiliser un ballon aussi léger qu'un ballon de plage. Les dirigeants de l'ACS affirment de plus que les enfants devraient apprendre à ne pas quitter le ballon des yeux et à le frapper avec la partie la plus dure du crâne soit le front. Retourner en haut
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Prévention au Canada (octobre 2002) |
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